Retour à l'accueil
La Santé au Travail, un Enjeu d'Entreprise
Centre Médical Interentreprises Europe

Les news

Prévenir la fatigue visuelle

La fatigue visuelle – également appelée fatigue oculaire ou fatigue des yeux – est aujourd’hui de plus en plus répandue. Pourquoi cela ?

L’œil sert à capter une image et à envoyer une information au cerveau. Au niveau de l’œil, il existe des muscles oculomoteurs internes qui vont contrôler la mise au point des images sur la rétine en agissant sur le cristallin et le diamètre de la pupille. En vision de près, lorsque l’on travaille par exemple  sur un écran d’ordinateur, ces muscles sont sollicités en permanence afin de donner de la netteté à une image.  Comme tous les muscles, ils se fatiguent s’ils sont trop sollicités. L’idée répandue est que le travail sur écran peut entrainer des défauts visuels tels que la myopie ou l’astigmatisme. En réalité, la fatigue visuelle qu’entraine le travail sur écran, est révélatrice de défauts visuels déjà préexistants et non corrigés. A ce sujet, il ne faut pas hésiter à réaliser une consultation ophtalmologique en cas de besoin. Par ailleurs il est conseillé d’effectuer un bilan ophtalmologique régulier tous les 2 ans maximum lorsque l’on porte des verres correcteurs… et ne pas oublier de les porter même si l’on a l’impression de ne pas en avoir besoin ! Dans tous les cas, la sensibilisation est la première prévention. Retour sur une action menée dans une entreprise francilienne par son Service de santé au travail.  

Une action de sensibilisation adaptée…

« Nous avons essayé de réfléchir à différents modes de déploiement qui puissent convenir aux salariés en fonction de la taille, des besoins et de l’organisation de l’entreprise. Nous souhaitions pouvoir toucher en particulier les TPE et les PME, et nous leur avons proposé plusieurs possibilités pour effectuer cette action. Nous sommes ainsi intervenues directement en entreprise avec la mise en place d’une sensibilisation des salariés à leur poste de travail. Nous avons également organisé plusieurs ateliers de sensibilisation au sein d’un centre du SSTI à différentes heures, ce qui a permis à des salariés de plusieurs petites entreprises de bénéficier de cette action de prévention. » 

Interview de Virginie Beauvallet , Angélique Blanco Gomez, Infirmières en santé au travail 

« Un effet physiologique réversible » 

Agir Mag : Comment définir la fatigue visuelle ?

Virginie Beauvallet : La « fatigue visuelle » serait un effet physiologique réversible résultant de sollicitations excessives des muscles oculaires et de la rétine pour tenter de conserver une image nette par des ajustements inefficaces. Elle constitue alors un signal d’alarme.

Agir Mag : Quels peuvent être les symptômes ou manifestations ?

V.B : On peut distinguer trois types de symptômes : les symptômes « oculaires » (sensations de tension du globe oculaire, de sécheresse de l œil, de  lourdeur des paupières, de picotements, de sensation de brûlure ou de démangeaison, de douleur à la pression) ; les symptômes « visuels » (vision trouble ou perception floue, impression de voile devant les yeux, baisse de l acuité visuelle, difficultés de fixation, éblouissements,…) ; et les  symptômes dits « généraux » (céphalées frontales, sensations vertigineuses, douleur au niveau des cervicales pendant et après le travail…).   Généralement ces symptômes disparaissent lorsque la vision de près n’est pas sollicitée par l’écran de l’ordinateur, lors des congés par exemple.

Agir Mag : Quelles sont les causes possibles ?

Angélique Blanco Gomez : Il existe diverses causes sur lesquelles on va pouvoir agir afin de diminuer cette fatigue visuelle. Ce peut être des conditions environnementales (ambiances lumineuse et thermique) ; des conditions physiologiques (sollicitation vision de près constante, effort accommodatif permanent, convergence oculaire constante, diminution du clignement naturel des yeux) ou individuelles (défauts visuels non corrigés, défauts de convergence non dépistés, pas de port de verres correcteurs) ; mais aussi des aspects organisationnels (aménagement du poste, réglage du matériel, outils de travail, contenu des tâches, etc.). 

Agir Mag : Par exemple, comment agir sur les causes organisationnelles ?

V.B. : Si l’on prend le cas très répandu du « travail sur écran », il faut tout d’abord aménager son poste de travail en prenant en compte divers paramètres tels que par exemple la distance regard/écran, la position du regard et la hauteur de l’écran et la position de l’écran dans l’espace de travail.  Il faut également prendre le temps de régler son matériel comme par exemple la luminosité de son écran, la vitesse de la souris ou encore la présentation de l’information comme la taille des lettres, le choix des couleurs ou le contraste. Certains outils de travail dédiés comme par exemple un porte document vont permettre de réduire la répétition des mouvements oculaires. Il est enfin important de réfléchir à son organisation de travail, son rythme, sa durée ou son intensité, qui peuvent avoir une incidence sur la fatigue visuelle. Ainsi, organiser des pauses actives, varier et alterner les tâches permettront de réduire la fatigue visuelle.

Agir Mag : Et sur les causes environnementales ?

V.B. : Au niveau de l’ambiance lumineuse, il s’agira d’éviter d’être ébloui par une source lumineuse, et de diminuer les reflets sur les écrans. Pour cela, il est important d’ajuster l’éclairage général, d’avoir un éclairage d’appoint afin d’éclairer surtout le poste de travail et non l’ensemble du bureau, mais aussi d’éviter les sources de réflexion (éviter par exemple les surfaces de travail brillantes ou d’être  installé face à une bais vitrée, ajuster des rideaux aux fenêtres ou placer des obstacles entre une source lumineuse trop intense et le regard). Concernant l’ambiance thermique, il est important que l’air ne soit pas trop sec, d’autant plus qu’avec le travail sur écran il s’opère une diminution du clignement naturel de l’œil qui sert à son hydratation. On peut ainsi agir sur le réglage du chauffage, sur l’aération régulière, et ajouter des plantes vertes ou des humidificateurs afin de maintenir une humidité adéquate dans le bureau.

Jean-Marc Soulodre, Directeur du développement  chez FASTT

« Une action très concrète »

« C’était la première fois que je participais à ce type d’action et ce fut une démarche très intéressante. Elle l’était d’autant plus qu’elle est intervenue dans un contexte de travail où nous élaborions des programmes de « prévention santé » vers les travailleurs intérimaires. Du coup cela a renforcé notre intérêt, tant au niveau individuel que collectif. Cette action de sensibilisation a été très concrète, notamment du point de vue des conseils et règles à adopter lorsqu’on travaille sur un écran toute la journée… De plus l’intervention s’est adaptée à notre temps de travail et à l’organisation de notre activité. Très à l’écoute de ce que l’on nous a présenté, j’ai notamment appris que l’excès d’écran est un facteur de fatigue visuelle et qu’il pouvait être un révélateur de troubles visuels et non l’inverse. A l’issue de la session, l’intervenante nous a remis un guide pratique avec des conseils simples et à la portée de tous. Chacun a pu alors mieux adapter son poste de travail et gagner plus de confort en très peu de temps. Au final, si d’autres sujets de ce type sont abordés, nous serons tout à fait prêts à y participer ! »

Et si vous pensiez à une petite « pause active » …

… Pour moins solliciter la vision de près et faire quelques exercices oculaires

- Cligner des yeux en augmentant le battement des paupières ;

- Se couvrir les yeux durant quelques instants ;

- Faire des exercices d’étirements oculomoteurs

- Regarder au loin…

Des supports pour sensibiliser vos salariés : 

travail sur écran     etirements  au poste de travail    etirements  au poste de travail    exercices visuels travail sur écran    importance de la pause

Document(s) associé(s)

Il n'y a pas de document associé