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Faites appel au CMIE pour vous aider dans la réalisation de votre Document Unique !

Parler du métier et partager le même langage est le premier sujet de l’évaluation des risques.

L’imprimerie parisienne RTO, située dans le 18ème arrondissement, emploie 8 salariés. Elle a été créée en 1972 et est spécialisée dans l’imprimerie offset (voir encadré) principalement à destination des concessions automobiles. Les locaux, d’une superficie de 260m², intègrent des bureaux individuels, un atelier avec des zones de stockage, une aire de réception et d’expédition. Cette entreprise familiale est dirigée par trois frères dont Yves Abitan, le gérant, qui a fait appel à son Service de santé au travail interentreprises pour l’aider à réaliser le Document d’évaluation des risques professionnels (DUER). En effet, l’enquête « Sumer 2003 » apporte des précisions sur les expositions professionnelles dans le secteur de l industrie graphique et de l imprimerie. Dans un domaine essentiellement technique, l industrie graphique emploie surtout des spécialistes de la production. Ces opérateurs sont notamment exposés à des contraintes physiques telles que les manutentions et port de charges, l’entretien des machines, l’utilisation de produits chimiques, des niveaux sonores supérieurs à 85dbA … On retrouve aussi des contraintes organisationnelles, principalement des normes de production donnant des délais en heure au plus, la dépendance vis-à-vis du travail des collègues et, souvent, la nécessité de tourner sur différents postes. Le point avec Yves Abitan ! 

3 questions à Yves Abitan, Gérant R.T.O. Imprimeries, Paris 18

« Une démarche structurée »

Agir Mag : Que vous a apporté cet accompagnement au « DU » ? 

Yves Abitan : En premier lieu je tiens à préciser que l’accompagnement a été exercé de manière très professionnelle par l’intervenante en prévention des risques. Il m’a permis une organisation de la démarche et une structure des différents points d’évaluation. Pour le dire autrement, j’ai répondu à cette question simple : « par quels bouts commencer ? ». J’étais conscient de risques liés à notre activité, notamment sur les produits chimiques que nous utilisons (solvants, encres, etc.). Mais il faut reconnaitre que c’était assez vague au niveau de la méthode pour limiter ces risques, les classifier, mettre des priorités, etc. 

Agir Mag : Justement, que retenez-vous de la démarche d’évaluation des risques ?

Y.A : C’est une démarche qui nécessite de se concentrer sur l’identification des risques, pour les repérer et faire la part de chaque structure à intégrer à l’évaluation.  Puis il faut hiérarchiser les risques et les prioriser pour cibler le moyen de prévention le plus efficace. Les questions posées par l’intervenante, la mise en relief des risques, la catégorisation des produits, la description des taches réalisées permettent ainsi de mettre le doigt sur des aspects que l’on peut considérer comme « anodins » alors qu’ils ne le sont pas. Nous sommes un petit atelier et les salariés ont été présents et positionnés dans la démarche.

Agir Mag : Quelles actions allez-vous mettre en place ? 

Y.A Nous possédons déjà des cheminées d’aération mais nous allons étudier la pose d’un extracteur d’air pour assurer une meilleure ventilation dans certaines phases de travail.  Comme il s’agira d’une ventilation mécanique, il faut d’abord s’assurer que cet équipement ne sera pas trop bruyant. Ensuite, nous avons généralisé le port de protecteurs auditifs et de gants de protection et à ce niveau il faut arriver à ce que chacun respecte les consignes… Ce n’est pas le plus facile de sortir des habitudes de travail ! Enfin nous avons dédié une zone de stockage pour les produits étiquetés dangereux (lire encadré).  

Témoignage Elodie Loureiro, Intervenante en prévention des risques professionnels - IPRP

« Sortir des habitudes de travail… »

« Lors de l’intervention, nous avons échangé avec Monsieur Abitan sur les risques professionnels dans son entreprise et c’est au fur et à mesure de la visite des locaux, qu’ensemble nous avons affiné l’identification de ces risques. L’objectif était de l’aider à sortir de ses habitudes de travail, du quotidien et de prendre du recul, de la hauteur sur les activités réalisées. L’amener à comprendre, au-delà de la réglementation, les véritables enjeux humains, sociaux, techniques etc. d’une démarche de prévention. Nous avons ensuite échangé sur comment réaliser, pas à pas, un document unique d’évaluation et par des cas concrets, Monsieur Abitan a réussi à s’approprier la démarche. Après l’intervention, nous avons continué à échanger jusqu’à ce qu’il mette en place le « DU ».  Ainsi, parler de son métier, partager le même langage, comprendre les difficultés pouvant être rencontrées sont des aspects essentiels pour adapter l’action en fonction du contexte de l’entreprise, de ses besoins et de ses capacités de mise en œuvre… A présent Monsieur Abitan a l’intention de déployer, par priorités, les axes d’amélioration définis ». 

Agents chimiques dangereux :  quels principes de prévention ? 

- Substituer les produits les plus dangereux ;

- Préconiser les solvants moins émissifs ; 

- Optimiser les performances des installations de nettoyage automatique ;

- Ventiler les locaux et aspirer à la source dont les composés organiques volatils ;

- Stocker sur rétention et tenir compte des incompatibilités ;

- Étiqueter les produits ;

- Mettre à disposition les Fiches de Données de Sécurité (FDS) ;

- Éliminer régulièrement les déchets ;

- Interdire de fumer ; 

- Mettre à disposition des équipements de protection individuelle adaptés aux produits. 

A NOTER

Le CMIE organise régulièrement des sensibilisations de 4h pour vous aider dans la réalisation de votre Document Unique D Evaluation des Risques. En savoir plus et vous inscrire en cliquant ici.

 

Sources : Agir magazine n°75

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